Je suis régulièrement en relation avec la
responsable des hyménoptères au MNHN, et avec d'autres chercheurs. Je
dois indiquer ici leurs inquiétudes face aux grandes campagnes de pièges
à jeunes reines (conditions de mise en place, spécificité des pièges,
durée du piégeage...) et sur le risque de capturer par ce moyen des
espèces protégées. La légalité d'une telle campagne se pose
par rapport au respect de l'environnement et de la biodiversité.
Le frelon asiatique est un cas de conscience. Il massacre les insectes
pollinisateurs. En dehors de l'abeille domestique, rien n'a encore pu être
chiffré pour les autres espèces. Il pourrait mettre en péril leur
biodiversité.
Le piégeage peut mettre en péril aussi des pollinisateurs, les guêpes
et même des espèces protégées comme certains coléoptères. Il ne
doit donc pas être pratiqué dans n'importe quelles conditions ni
n'importe où et à des périodes bien définies à l'avance. Il doit être
contrôlé minutieusement.
Pour autant la lutte contre ce prédateurs de l'écosystème doit
continuer, certes avec prudence, d'ou les modifications de piège
envisagées.
Il est évident que les apiculteurs doivent avoir un moyen de protéger
leurs ruches. La seule action raisonnable est que ces pièges soient
placés à proximité des ruchers. Là les risques de capturer d'autres
insectes et surtout des espèces protégées sont plus limités.