Juillet 2009 un essaim de très petite taille (tertiaire ou
plus)
a été s'installer dans un paradis de verdure. non loin de
sa ruche mère. Il est sorti de la ruchette qui à produit les
essaims de la serre de Galinat l'année dernière. Elle était dédiée aux
essaimages, dans son espace réduit. Nous étions début
juillet 2009, elles ont choisi de s'installer dans une très
vielle
ruchette en châtaigniers d'un
bleu charron
fort fané. Cette dernière était composé d'un cadre
de cire noire et de trois cadres de cire gaufrées neuves. Le lendemain elles ont quitté la ruchette
bleu charron
pour
aller se pendre à une branche devant la ruchette d'où
elles étaient sorties la veille. Un essaim d'une ou deux
centaines de grammes, pas plus gros que
mon
poing. Mis de force dans une nouvelle
ruchette, et emporté pour être installé près de la
porte d'entrée de ma maison. C'est l'endroit
idéal pour une colonie faible, afin de l'avoir au
quotidien sous la main.

Ce jour là j'ai été
l'imbécile de Pagnol. Mais même l'imbécile de Pagnol
c'est malgré tout glorifiant. Ce dernier aurait dit
: <<tout le monde savait que
c'était impossible, un jour un imbécile est venu, il
ne savait pas que c'était impossible et il la
fait>>. J'avais bien d'autres endroits pour poser
cette ruchette. Peu après je me suis dit que j'avais
compte tenu des frelons noirs à pattes jaunes installés à 25 mètres fait le mauvais choix.
Je n'ai pensé qu'à une chose ; les installer là où
je peux les observer chaque jour. Nous savons tous
qu'une colonie faible est vulnérable quel que soit le
motif des agressions dont sont victimes les abeilles.
Donc placée à coté du nid de frelon elles n'avaient
aucune chance de se sauver. Les jours
ont passé, et vu le petit développement de la colonie,
elle est resté là. De rares frelons sont venu devant
cette dernière. Ils se sont fait sérieusement
réprimandé, et ont eu finalement une prédation nulle sur cette
très petite colonie. La présence humaine continuelle
"autour" de cette colonie a t elle joué un
rôle protecteur ?
Le
premier travail de cette poignée d'abeille a été de construire des cellules royales. Mais quelle histoire
; pas assez nombreuses pour
faire une colonie viable, voilà qu'elles envisagent
d'essaimer. Nos abeilles sont plus malade que nous pouvons
le supposer. Elles semblent ne plus savoir faire leur vie
d'abeille. Elles me font penser à ces longues colonnes de réfugiés
qui errent le long des routes pendant que la guerre
ravage leur pays abandonné.
Décidément cette ruchette à cinq cadres des années 72 construite
avec du bois de pins maritimes des Landes, dans un excellent
état de conservation aura connu bien des
causes qui semblaient perdues d'avance. La précédente
était l'arrivée d'une colonie au 10 octobre 2008 sous
le nid de frelon en élevage à la Farouchie à Sergeac.
Étonnement de la communauté scientifique et du commun
des mortels par la date, et par le choix de la position
sous un nid de frelon asiatique en élevage. Preuve est que les
abeilles n'ont pas intégré le danger des frelons Vespa
velutina nigrithorax. Cet essaim nourri a très bien
travailler, mais n'a pas passé l'hiver. Il s'agissait
de très petites, voir minuscules abeilles. Elle
devaient vraisemblablement venir d'une colonie sauvage
où faute de renouvellement de la cire, les alvéoles
sont devenu si étroite que ne peuvent naître que des
abeilles petites à taille fines. Elle n'ont pas
bénéficié d'autant de visite que celle de l'année
2009 installées près de l'entrée de la maison. Pour
autant leur nourrisseur était toujours alimenté. Si d'aventure je collectais un nouvel essaim à cette
date, je l'installe dans l'habitation, qu'elles aient au
moins le chaud autour de leur caisse.
Revenons à nos "essaimeuses". Nous aurions pu
les transporter comme un petit
chien aux soirées aux quelles nous nous sommes rendu au
cours de l'été. Tout l'été,
sans masque ni enfumoir, j'ai pris l'habitude d'ouvrir
cette ruchette pour voir ce que pouvaient bien faire cette petite poignée
d'abeille. Elles ont du s'habituer à mes visites tout
les 3/4 jours, pas de piqûres, sauf un jour où je n'ai
pas fait attention que le vent brassait fort les
collines avoisinantes. La vallée là ou est ma maison,
à l'abris du vent ce jour là a fait que j'ai ouvert
sans faire attention à la météo. Quelques unes m'ont
piqué.
Elles ont par la suite continué à construire une
bonne quantité de cellules royales, je n'ai pas vu
d'essaim sortir. J'ai bien évidemment laissé faire et
n'ai pas détruit les cellules royales. Elles ont eu
toujours à manger au nourrisseur (miel et sirop en
alternance) et visiblement se sont
bien habituées aux ouvertures très fréquentes de leur
logement.
Le gros nids nid de frelons à 25m. de là ne s'est pas
trop intéressé à cette colonie. Tout le monde sait
que les frelon détruisent les abeilles. Cette
petite colonie donnée sans succès a fait son chemin.
Tranquillement avec de faibles allées et venues, elles ont
construit 3 cadres. Elles se sont faufilées sur six
mois sans se faire voir, ou si peu qu'il semblait
évident que chacune qui sortait semblait être l'une
des dernières.
Ici à la maison c'est le gel et pas de
soleil même les belles journées d'hiver. Cela ne me
plaisait pas de voir la planchette d'envol mouillée et
gelée. Nous savons tous que l'élimination de l'eau
induit un refroidissement. Fin janvier, je l'ai porté sous la serre de
Galinat, au chaud et au sec. Il y du poids, donc de
bonnes provisions. Le transport se passe gentiment sans
fermeture avec un véhicule à moteur essence. Cinq
minutes de transport et nous voilà sous la serre par un
jour de température avoisinant les 2/3° au lieu de
départ. Sous la serre c'est 5 à 8 ° de plus, mais
personne n'est sorti, silence . . .
Xynthia a détourné des objets sous la serre et la
ruchette s'est renversée. Surprise il y avait beaucoup
d'abeilles et elles étaient fort mécontentes. J'ai
enfilé une protection et remis tout ce monde sur
pied.
Le lendemain, le pollen arrivait à nouveau à flots,
signe de la bonne santé de la famille abeille. Une
énorme floraison se prépare pour le 10/15 mars à 100
m. des colonies. Petit nourrissement pour les mettre en
condition dés les premiers jours de mars. Cette
floraison ; un vrai bonheur à cette saison, du nectar
et du pollen nouveau. Aucun traitement sur ces
végétaux ; que du bonheur. Le 5 mars déjà une fleur,
(une égarée). Les autres se
préparent à éclore dans
une semaine la photo de ce bonheur apicole.
Nourrisseur avec alternance miel et
sirop du commerce vont encore vitaliser cette colonie sur 3
cadres au 05/03/2010. Elles doivent avoir oubliée leur
colère due à Xynthia, elle viennent vers moi comme
pour dire bonjour, se pose sur moi et repartent vers
leur ruchette.
Dans 3/4 semaines, un nouvelle caisse accueillera la
petite colonie. Elle est habituée à n'occuper qu'un
petit secteur de sa caisse. Elle ne devrait pas être
trop perdue dans ce grand volume.
Une telle colonie
semble destinée dorénavant à un grand destin.